Rocade minière, sortie Fouquières. En remontant à pied la bretelle d'autoroute on atteint ce terri aux formes vallonnées. Pas de clôture, pas de panneaux d'interdiction, alors pas d'hésitation pour ce nouveau lieu à découvrir...
Les grands terrils - St Étienne - 9 de Oignies - Rouvroy - Evin-Malmaison - Loos-en-Gohelle - Estevelles - Fouquières
Lorsque l'on aborde ce paysage de collines verdoyantes, on s'imagine déjà foulant l'herbe drue parsemée des fleurs sauvages multicolores caractéristiques des terrils ou se frayant un chemin à travers les "arbres à papillons" chargés et parfumés de grappes violettes, les sureaux ployant sous leurs fruits noirs pour la plus grande joie des oiseaux.
Mais, arrivé à un certain niveau, plusieurs phénomènes curieux transforment la tranquille impression du départ. Tout d'abord, cette odeur que l'on croyait échappée d'une activité industrielle ou d'un incinérateur des environs devient plus forte et rend par moments l'atmosphère nauséabonde. Sur un flanc particulièrement pauvre en végétation, des plaques nues de quelques mètres carrés dénudent le sol, laissant apparaître le schiste d'une couleur terne.
Et puis, tout-à-coup, en gravissant la pente pour observer ces signes inhabituels, on aperçoit une fumerolle qui s'échappe du sol.
En posant la main par terre, on sent alors la température trop élevée pour un sol du Nord, même en été. Arrivé sur le lieu, deux petites cheminées laissent échapper par intermittence de la vapeur d'eau. L'odeur est celle du souffre. En observant mieux la végétation, on remarque quand même une sorte de plante grasse "thermophile" qui a su s'adapter aux conditions défavorables pour les autres espèces.
Comment celle-ci, plus coutumière des pentes volcaniques ou des roches des contrées désertiques, est-elle arrivée précisément ici ? En tout cas, le phénomène observé est bien celui de la combustion interne du terri. Même si l'on n'est pas absolument sûr de la façon dont celui-ci s'"allume", on sait qu'un terri est composé d'une partie plus ou moins importante de charbon. C'est bien cette matière qui s'embrase.
Pourquoi a-t'on jeté du charbon avec les terres incombustibles ? Tout d'abord, au début de l'exploitation, les méthodes de tri manuelles pour séparer le charbon du reste n'étaient pas d'une efficacité totale. Ainsi 5, 10, 15 % de charbon est retrouvé dans des anciens terris. Ensuite, durant l'occupation allemande, des mineurs recouvraient d'une couche de schiste des berlines de charbon, et ainsi celles-ci prenaient le chemin du terri au lieu de revenir à l'occupant. La teneur de certaines parties de terri en charbon augmenterait alors à 40, 45%.
Ici, c'est une crevasse qui laisse échapper la fumée. Plus loin, l'herbe est véritablement calcinée. Pas de doute, un incendie a ravagé le côté ouest récemment. Le paysage devient de plus en plus infernal. Par endroits, des "scories" ont été déposées en tas, celles-ci semblent par contre provenir d'une usine et n'ont pas été produites sur place. Elles renforcent elles aussi le caractère des lieux.
L'air est de plus en plus chaud, l'on est pressé de retrouver un peu d'ombre en s'asseyant sous un sureau et de se désaltérer, enfin. En redescendant, le vent se lève emportant avec lui des milliers de graines de chardons. Ces "anges", qui se répandent et emplissent l'atmosphère, nous entourent comme autant de créatures furtives. Ils donneront pourtant naissance à de nouvelles plantes plutôt démoniaques ¤
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